PARIS... Les copains, on pense à vous!

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La vallée sacrée, de Cusco au Machu Picchu

Après 6 mois de chaleur estivale, nous nous mîmes en route pour la fraîcheur (et l’humidité) de la vallée sacrée des incas, perchée dans les Andes aux alentours de 4000m d’altitude.


Pour les Incas, grands observateurs du ciel, l’alignement entre la voie lactée et la vallée confère à cette dernière un caractère sacré, renforcé par les formes des cités qui la jalonnent (Ollantaytambo en épis de maïs, Machu picchu en condor, Sacsaywaman et Cusco en puma…), elles aussi édifiées en alignement avec les cieux.

 

Notre première étape sera Cusco, à 21h de bus de Lima, nous pourrons y organiser la suite du voyage jusqu’au Machu Picchu en choisissant les étapes et les moyens de transport (les agences gouvernementales et Peru Rail y disposent de bureaux).
Mais Cusco n’est pas seulement une ville de passage, c’est surtout l’ancienne capitale Inca qui, violemment colonisée puis convertie au christianisme par les conquistadors espagnols, dispose aujourd’hui d’un patrimoine historique riche et mixé entre les 2 cultures (Qorikocha, Sacsaywaman, Tambomachay, la cathédrale et les innombrables églises et cloîtres…) nous y passerons donc 4 jours.

 

NB : Les espagnols, principalement guidés à cette époque par une soif de terres, de métaux précieux et de main d’œuvre, effectueront une colonisation « bulldozer » visant à imposer leur mode de vie. Cela étant, après avoir combattu (et vaincu) les dernières poches de résistance Inca, la propagande établira des liens entre les 2 cultures, c’est ainsi que l’on voit fréquemment des toiles représentant les empereurs Incas dont le dernier, successeur d’Atahualpa, est Charles Quint, Roi d’Espagne et souverain régnant sur le Saint Empire Romain Germanique. De plus, certains lieux de culte sont réutilisés par la nouvelle foi et les icônes chrétiennes sont souvent représentées avec des symboles liés aux anciennes croyances païennes. Toutefois, la région de Cusco ne sera jamais totalement apprivoisée par la puissance coloniale et la ville verra émerger de nombreux leaders indigènes, impliqués dans le processus d’indépendance au XVIIIème siècle puis au XXème dans les luttes sociales, avec création de la 1ère cellule communiste du Pérou, qui obtint enfin des résultats sur les droits des indigènes.

 

La suite de notre route nous conduira pour 2 jours à Urubamba (en Quechua, la ville des araignées…), bourgade bien plus petite et plus paisible que Cusco (et pourtant bien moins charmante), depuis laquelle on peut profiter des paysages époustouflants de la cordillère mais également des sites archéologiques environnants (Ollantaytambo, Moray, les salineras de Maras).

 

Enfin, nous nous arrêterons 2 jours à Aguas Callientes (appelé aussi Machu Picchu Pueblo), cette « anomalie touristique » n’est rien d’autre qu’un camp de base pour la cité Inca.

 

Notre feeling :

Tout d’abord un mot sur les 21h de bus de Lima à Cusco, c’est long mais pas tant que ça… Le bus de la compagnie Cruz del Sur est ultra confortable (un peu comme en première dans un avion), il y a un TV individuelle avec des films récents (en anglais sous titrés en espagnol). Seul bémol, la bouffe à bord n’est pas géniale… On y a passé une assez bonne nuit (aidé par un ½ imovane) ce qui nous a permis de faire une visite intéressante (Qorikancha) en arrivant.

 

Globalement cette dizaine de jours passée dans la vallée sacrée aura été agrémentée de marches (beaucoup beaucoup) et de visites de musées ou de sites historiques. Tout semble faisable en bus ou en taxi… mais nous avons vraiment été enchantés de suivre nos pieds au gré de nos envies sans contraintes si ce ne sont celles de mère nature qui nous a parfois rappelé que nous évoluions aux alentours de 3500m.

 

Concernant Cusco, nous avons beaucoup aimé le centre ville, son ambiance, son architecture, ses très bons restaurants… bien entendu, il y a moult vendeurs de rue qui ne voient en vous qu’un paquet de dollars… mais il ne sont vraiment pas insistants (nous étions en basse saison) et cela ne dégradera pas l’image positive de la ville… enfin du centre ville… car nous avons pris un bus local « collectivo » pour nous rendre à Tipon en traversant Cusco… et le reste de la ville est un brutal retour à la réalité d’un pays en voie de développement… pauvreté, précarité sociale et souvent insalubrité (mais pas d’insécurité !).
NB : Détail amusant, le drapeau de Cusco est un drapeau arc-en-ciel, aucun rapport avec l’étendard gay-friendly mais cela nous a rendu la ville encore plus sympathique !

 

Bref, au départ de Cusco, voici les 3 sites qui nous ont le plus marqué :

  • Qorikancha, au centre de Cusco, monastère espagnol bâti sur et autour des vestiges (encore bien visibles) des temples du soleil, de la lune et des étoiles. Outre ces éléments architecturaux très intéressants, on y trouve également des tableaux religieux de l’école de Cusco dans lesquels les artistes ont adapté les scènes à la vie locale (lors de la cène, les apôtres mangent du cochon d’inde; la passion du Christ figure des colons espagnols en lieu et place des romains; le dieu créateur étant unique, le père, le fils et le saint esprit présente le même visage; Marie porte toujours une énorme robe « meringue » car la déesse créatrice, la Pachamama, la mère, est une montagne…)
  • Saccsawayman, à moins de 2km du centre, accessible à pied, est une immense forteresse qui permet apprécier la technique de construction si particulière des incas. Sans mortier, les énormes pierres sont taillées de façon à s’emboîter les unes dans les autres comme des « Légo » géants dont aucun n’a la même taille ni la même forme. En outre, le site dispose d’une vue formidable surplombant Cusco, vue qu’il partage avec le « Christo Blanco » tout proche (copie réduite du Christ rédempteur de Rio). Enfin, si vous vous rendez à Sacsaywaman le dimanche, vous verrez la population locale profiter des « espaces verts »… toboggans sur les roches érodées, foot et volley en famille sur les esplanades (y compris les femmes en tenues traditionnelles !) ou juste pique-nique et « farniente »…
  • Tipon, à 1h de minibus, est un site perché dans la montagne, remarquable pour l’ingéniosité hydraulique permettant d’alimenter fontaines et terrasses agricoles à débit constant et maîtrisé. Nous avons particulièrement apprécié de remonter à pied le canal inca jusqu’à sa source, seuls, pour bénéficier d’une vue panoramique au milieu des ruines, des cactus et des montagnes… un « must » ! 

Par ailleurs, dans la mesure où le très réputé site de Pisaq était fermé (suite à un accident la semaine précédant notre arrivée) nous avons visité le musée inca de Cusco ainsi que les sites de Tambomachay, Puka Pukara et Q’enqo... de notre point de vue, ce sont des lieux qui présentent un intérêt limité…

 

Nous avons ensuite pris un collectivo pour Urubamba, à 1h15 de Cusco. La ville s’étire le long de la route, elle est plutôt vilaine avec son look « en construction ». Cela étant, notre hébergement Airbnb ultra simple et coloré (les gens de passage pouvant peindre les murs…) nous a permis de faire la connaissance de Max, ancien ingénieur péruvien reconverti en guide local écolo… Du coup nous décidons de passer une journée avec lui pour une randonnée de 18Km.
Notre virée commence à Moray qui est un ensemble de terrasses circulaires concentriques (la plus petite étant au fond) réparties en 4 zones et formant un laboratoire dans la mesure où chaque terrasse, de part son altitude et on positionnement dispose d’une sorte de micro climat… les incas s’en servaient pour acclimater les semences à l’altitude… des OGM sans OGM, il y a 500 ans… impressionnant !
En fin de randonnée nous arrivons aux salines de Maras, succession de petits bassins salins, s’échelonnant en terrasse sur tout un pan de montagne, en contrebas d’une source d’eau très salée qui jaillit naturellement de ses flancs. La source est exploitée depuis des siècles mais ce sont les espagnols qui agrandiront la structure au XIIème pour augmenter la production et ainsi exporter le sel en Europe. De loin comme de près le site est superbe, il ressemble aux alvéoles d’une gigantesque « ruche » blanche de sel et marron de terre séchée dont les humains seraient les abeilles !

 

La balade fut sublime, fatigante et un tout petit peu stressante quand nous avons croisé de très près une cousine de la veuve noire, résidente du champ que nous traversions… Mais, nous garderons un excellent souvenir de cette marche durant laquelle, au milieu des champs avec vue sur les glaciers, Max nous expliqua tout ou presque sur la culture Quechua, sur ses 1000 variétés de patates, son quinoa, sa muña (bonne pour l’estomac) et la feuille de coca (qui aide a supporter l’altitude).

 

Depuis Urubamba, nous avons pu visiter Ollantaytambo, à 25 minutes de collectivo. Cette ville, construite sur les ruines de la cité inca, dispose de petites ruelles « d’époque » qui lui confèrent un certain charme. De plus, elle est encaissée entre 2 montagnes sur lesquelles furent édifiés des bâtiments incas dont une splendide forteresse (qui protégeait l’ouest de la vallée sacrée). Nous gravirons les 2 sommets pour bénéficier de différents points de vue sur la ville, la forteresse et les environs… du grand spectacle !

Ollantaytambo dispose également d’une gare de train à destination du Machu Picchu… nous avions décidé de prendre ce train (malgré son prix) et ce fut une excellente idée car les wagons sont confortables mais surtout car les panoramas le longs du trajet sont somptueux : le torrent Urubamba en crue, les nuages accrochés aux montagnes parées de végétation luxuriante, les tunnels, les reliques du passé…

 

Nous voila donc à Aguas Callientes, micro ville laide, qui agresse un peu mais nous savions à quoi nous attendre donc nous ne sommes ni déstabilisés ni déçus… reste que les autorités pourraient faire un effort concernant la gestion des déchets (plastiques mais pas que…) qui se déversent dans l’Urubamba et qui seront ainsi charriés jusque dans l’Amazone puis dans l’Atlantique. Quand on sait que tout ceci se déroule à 2Km du Machu Picchu, classé au patrimoine de l’Unesco pour son intégration urbaine dans le paysage naturel… a croire qu’on n’apprend jamais rien de nos anciens…

 

Bref, il est 4h00 à Aguas Callientes, le réveil vient de sonner… on se débarbouille, on grignote un bout de pain, on s’habille chaudement et nous voila en route pour le mythique Machu Picchu !

 

30 minutes plus tard, on commence à faire la queue en bas des marches… ou plus précisément devant le pont qui enjambe l’Urubamba en furie… 5h00, les grilles s’ouvrent, il faut montrer patte blanche, tickets d’accès au site et pièce d’identité. Après… et bien après c’est plus de 1700 marches et 500m de dénivelé à gravir dans la brume. Et il commence à faire chaud, certains finissent torse nu… Ced terminera complètement trempé après un peu moins de 40 minutes d’ascension. Mag arrivera 10 minutes après… fatiguée mais toute contente… il n’est pas encore 6h du matin !
Et là c’est pas juste, car il y a déjà pas mal de monde qui attend… ils sont montés en bus…, au sec et sans effort… les vilains :(

 

6h00, le site proprement dit ouvre ses portes, il faut remontrer patte blanche. Ensuite on arrive dans les ruines… c’est tellement grand que la ribambelle de gens de l’entrée semble se volatiliser… on a l’impression d’être seuls, on peut aller partout on reste seuls… et à ce moment là, on sait pourquoi on dort dans un genre de motel à Aguas Callientes, on sait pourquoi on a mis le réveil si tôt, on sait pourquoi on est monté à pinces… on est « nous, la cité et les montagnes »… ça vaut !

 

7h00, la journée continue, nous avons choisi de gravir Wayna Picchu, rendue célèbre car toutes les photos du Machu Picchu qui la montrent en arrière plan. D’un point de vue comptable, c’est encore 200-250m de dénivelé à absorber, et c’est raide… très raide. Nouveau contrôle d’accès et c’est parti… on commence par descendre en groupe, puis c’est l’escalier… Ced arrivera le premier en haut, il savourera ses quelques secondes de plénitude dans les nuages. Mag arrivera quelques minutes plus tard, en 7ème position, elle pourra également profiter du sommet avant la foule ! Car oui, les minutes passant, les 200 touristes titulaires du droit d’accès arrivent et s’entassent… nous avions des places de choix (sur les meilleurs rocher tout en haut du haut du bout !) donc nous ne sommes pas trop dérangés… mais ça fait quand même du monde. Reste que les nuages ne daigneront pas se lever et que nous passerons 2h dans une purée de pois absolue… mais l’ambiance et l’effort ont tout de même un peu compensé la vue.

 

9h30 nous décidons de redescendre par « le grand coté » qui nous conduit à Gran Caverna et au temple de la lune. Ces 2 sites sont sous le niveau de la cité et donc il y a encore des escaliers à descendre puis à remonter… et aussi une échelle de bois… verticale… tout ça avec des « à pics » vertigineux (car les nuages commencent à se lever) et dans une végétation très dense… de quoi marquer profondément nos mémoires.

 

Il est presque 11h30 quand nous arrivons « enfin » près de la sortie du Wayna mais nous trouvons un chemin qui monte sur la plus petite Uchuy Picchu… on a encore des cannes et il n’y a plus de nuages… on monte, escaliers… encore, une corde et enfin le sommet, nous sommes seuls et nous le resterons… la vue sur le Machu Picchu est à couper le souffle… encore un beau moment !

 

12h45, nous retrouvons la citadelle en tant que telle… elle est confite de touristes (et les cars continuent de déverser leur cargaison…), nous y passerons 2h supplémentaire à arpenter ses quartiers.

 

Ces ruines sont impressionnantes car plus vastes et mieux conservées que toutes les autres. La cité a été construite par l’empereur inca Pachacutec au XVème siècle, elle se structure en 4 parties, les habitations, l’administration, les terrasses agricoles et la zone rituelle. Nous avons adoré l’observatoire astronomique d’où l’on étudiait les étoiles via des miroirs remplis d’eau… bien plus pratique que la tête en l’air.
La ville, abandonnée lors de la conquête espagnole, a été redécouverte en 1911 par un aventurier (bien que la population locale ne l’avait, semble-t-il, pas oublié). Les fouilles et les photos de Chambi contribuèrent à la rendre célèbre dans le monde entier jusqu’à l’obtention, en 1983, d’un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

14h30, nous rentrons à pieds jusqu’à Aguas Callientes, fourbus mais content… une bonne sieste nous attend… peu importe le look de l’hôtel finalement !

 

Le lendemain nous referons la route en sens inverse, sans pause, jusqu’à Cusco d’où nous partirons pour notre escapade Bolivienne… mais ça… c’est une autre histoire !

 

on a adoré  :

  • Les couleurs... les vieilles péruviennes aux grands cheveux noir corbeau tressés et chapeautés, vêtues de ponchos rose fuchsia, vert pomme, bleu électrique, avec jupe orange.
  • Les rando en montagne, au milieu des champs de patate et de quinoa, vue sur les glaciers des Andes.
  • Monter au Machu Picchu puis à wayna Picchu en mode sportif.
  • Le centre de Cusco.
  • Se faire plaisir au restaurant (goûter de l’alpaga et du cochon d’inde).
  • Les café et pâtisseries du d’wasi, famille de producteurs de café.
  • Les paysages en général.

 

 

on a moins aimé :

  • Avoir très froid dans notre pension de Cusco.
  • La banlieue de Cusco (dès qu’on s’éloigne un peu du centre en fait).
  • La soupe musicale dans les auberges et les bus locaux ; mais on a ri aux reprises en espagnol de « Félicie aussi » et le « téléphone pleure », la version ocarina de « comme d’habitude ».

 

Infos pratiques  :

  • Les collectivos coutent de 0,3 à 0,5€.
  • Le train d'Ollantaytambo à Aguas Callientes nous a couté 60€ A/R par personne... avec une promo à 50%...
  • Nos hébergements Airbnb était en moyenne facturés 30€ la nuit avec le peti dej.
  • Nous avons très (très) bien mangé dans les restaurants chics pour moins de 20€ par personne.
  • Le "Boletos Turisticos" permettant d'acceder à Tipon, Ollantaytambo, Sacsaywaman... coute 30€ par personne pour 10 jours.
  • L'accès au Machu Picchu + Wayna Picchu coute 40€ par personne.
  • La journée guidée à Urubamba pour 70€ tout compris (guide privé, taxi, entrées additionnelles...) sauf la bouffe.

 



09/03/2016
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